Prime de fin d'année en cas de départ ou de licenciement : que paie l'employeur ?
Si un collaborateur quitte l'entreprise avant décembre, tu paies dans la plupart des secteurs une prime de fin d'année au prorata, sauf en cas de licenciement pour motif grave. Les règles par commission paritaire, les exceptions en cas de démission, les intérimaires et une checklist pour le décompte final.
La réponse courte : dans la plupart des secteurs, un collaborateur qui part en cours d'année a droit à une prime de fin d'année au prorata, un douzième par mois presté, dès qu'il atteint une ancienneté minimale. La grande exception est partout la même : le licenciement pour motif grave. En cas de démission, cela dépend de ta commission paritaire : en CP 200 seulement à partir de trois ans d'ancienneté, dans la chimie à partir d'un an, chez les électriciens et dans les CCT des ouvriers du métal toujours. Qui se trompe reçoit la facture plus tard via le syndicat ou l'inspection. Ci-dessous les règles par commission telles qu'elles figurent dans les fiches sectorielles, et comment les traiter proprement dans ton décompte final. L'aperçu par secteur se trouve sur notre page prime de fin d'année par commission paritaire.
La réponse courte : prorata, sauf motif grave
Trois situations reviennent dans presque chaque CCT. Licenciement par l'employeur, autre que pour motif grave : le collaborateur garde le prorata. Licenciement pour motif grave : pas de prime, dans aucun des secteurs ci-dessous. Démission ou fin de commun accord : ici les secteurs diffèrent, de « toujours au prorata » à « seulement après trois ans ». S'y ajoute, dans la plupart des CCT, une ancienneté minimale avant tout droit, d'un mois à six mois. Un contrat à durée déterminée arrivé à son terme donne aussi droit à un prorata dans la plupart des secteurs. Une CCT d'entreprise ou un accord individuel peut être plus favorable que le secteur, jamais moins.
Par commission paritaire : qui reçoit quoi au départ
CP 200, employés : un mois de salaire après six mois d'ancienneté, un douzième par mois civil entièrement presté. En cas de licenciement (pas pour motif grave) et après un contrat à durée déterminée d'au moins six mois, tu paies le prorata. En cas de démission ou de fin de commun accord, seulement à partir de trois ans d'ancienneté, depuis le 1er janvier 2026 (cinq ans auparavant). CP 207, employés de la chimie : prorata si l'employé a six mois d'ancienneté au moment de la notification du préavis, pas en cas de motif grave ni de démission avec moins d'un an d'ancienneté. CP 116, ouvriers de la chimie : prorata à partir de trois mois d'ancienneté, avec les deux mêmes exceptions. CP 111, ouvriers du métal : CCT provinciales, mais prorata partout, aussi en cas de démission depuis le 1er juillet 2015 et d'incapacité médicale définitive. CP 209, employés du métal : également provincial ; dans le Brabant et à Bruxelles par exemple, un prorata à partir d'un an d'ancienneté, sauf motif grave. CP 149.01, électriciens et CP 124, construction : la prime passe par le fonds sectoriel, pas par toi. Chez les électriciens, Volta paie le prorata à chaque départ, démission comprise ; dans la construction, le fonds octroie les timbres de fidélité sur la base du salaire déclaré. Tu y paies la cotisation au fonds, pas de prime séparée au départ.
Intérimaires et étudiants
Un intérimaire ne reçoit sa prime de fin d'année ni de toi ni de l'agence, mais du Fonds social pour les intérimaires : 8,33 pour cent du salaire brut, s'il a travaillé au moins 65 jours pour des agences d'intérim pendant la période de référence du 1er juillet au 30 juin. Le coût est intégré dans le coefficient que l'agence te facture. Si tu engages ensuite l'intérimaire en fixe, la période d'intérim compte dans la plupart des CCT pour la condition d'ancienneté ; vérifie-le dans ta fiche sectorielle. Les étudiants jobistes sont hors du régime dans la plupart des secteurs, même si en CP 200 et CP 220 on voit parfois un prorata pour ceux qui travaillent sous un contrat de travail ordinaire.
Quand et comment payer le prorata
La plupart des CCT te laissent le choix entre payer avec le décompte final ou au moment habituel en décembre ; certaines imposent la première option. En pratique : mets le prorata sur la dernière fiche de paie, avec le pécule de vacances de sortie, pour que le dossier soit clos. Calcule le montant sur le salaire prescrit par la CCT, généralement le salaire du dernier mois complet ou le salaire de base de décembre, et compte les mois selon la règle de ta commission : la CP 200 compte les mois civils complets, la CP 207 compte un mois si l'employé a commencé avant le 16. Si tu romps le contrat avec une indemnité de préavis, la prime de fin d'année entre aussi dans sa base de calcul : l'indemnité se calcule sur la rémunération en cours, prime comprise. Le fonctionnement du délai de préavis lui-même est expliqué dans la base de connaissances.
Ce que cela te coûte, et comment le budgéter
Une prime de fin d'année au prorata est du salaire ordinaire : tu paies l'ONSS patronale dessus et le travailleur les retenues habituelles plus le précompte au taux des rémunérations exceptionnelles. Pour un employé à 3 800 euros bruts qui part après huit mois, il s'agit de huit douzièmes de 3 800 euros, soit 2 533 euros bruts, environ 3 200 euros de coût employeur. Vérifie-le avec le calculateur de prime de fin d'année. La leçon pour ton budget : provisionne la prime chaque mois (un douzième par collaborateur), et un départ en octobre n'est plus un coût inattendu mais le décompte de ce qui était déjà mis de côté. C'est aussi ainsi que calcule notre calculateur de coût employeur : il intègre la prime dans le coût annuel par collaborateur.
Checklist à chaque sortie de service
Cinq questions qui rendent ton décompte final solide. Un : quelle commission paritaire, et que dit la fiche sectorielle sur l'ancienneté et le prorata ? Deux : qui met fin au contrat, et est-ce pour motif grave ? Trois : quelle ancienneté a le collaborateur à la date de notification du préavis (pas au dernier jour de travail) ? Quatre : quels mois comptent, et quel salaire sert de base ? Cinq : paies-tu maintenant ou en décembre, et est-ce écrit dans ton règlement de travail ou la CCT ? En cas de doute sur une CCT d'entreprise qui s'écarte du secteur, un appel à ton secrétariat social coûte moins cher qu'un litige après coup. Ce que tes profils techniques attendent par ailleurs de leur package : lis les avantages extralégaux pour profils techniques.
Questions fréquentes
Dois-je payer la prime de fin d'année si un employé CP 200 démissionne ?
Seulement si l'employé a au moins trois ans d'ancienneté au moment du départ ; tu paies alors un douzième par mois civil entièrement presté de l'année en cours. Ce seuil vaut depuis le 1er janvier 2026, avant c'était cinq ans. Si c'est toi qui licencies (pas pour motif grave), tu paies le prorata dès six mois d'ancienneté.
La prime de fin d'année compte-t-elle dans l'indemnité de préavis ?
Oui. L'indemnité de préavis se calcule sur la rémunération en cours, avantages acquis en vertu du contrat compris, et la prime de fin d'année en fait partie. Calcule donc avec la rémunération annuelle (salaire mensuel fois 12, plus prime de fin d'année, double pécule et autres avantages) et pas seulement avec le salaire mensuel.
Besoin d'aide pour ton recrutement ?
Dis-nous quel rôle technique tu cherches, nous réfléchissons avec toi sans engagement.